Coup de coeur!

Il s’était écoulé bien des jours ou peut-être des semaines depuis qu’Elodie observait « Steeve » à son insu. Tous les prétextes convenaient pour circuler dans le sillage de celui-ci, mais les fréquentes envies d’aller au petit coin pendant la récréation étaient les meilleurs… – vous comprendrez quand vous saurez que sa bande à lui avait élu domicile près des vestiaires des filles. Elle le surveillait à la loupe, ce beau « caramel », grand et bien bâti, affichant continuellement un faux air de désintéressé même quand il s’agissait de rire des vannes de ses potes… Elle l’épiait le jour et en rêvait la nuit. Tel un ruminant, elle repassait en boucle toutes ces images volées et grâce à elles, elle lui inventait une personnalité, ne sachant rien de lui…même son nom (elle lui en avait donc donné un : Steeve).

Elle avait raconté à toutes ses amies son coup de cœur et leur répétait, inlassablement, qu’un jour elle prendrait son courage à deux mains et irait lui parler. Les jours passaient, l’on approchait vers la fin de l’année et rien ne se produisait… jusqu’au jour où l’une des amies, Sabrina, fatiguée des multiples promesses non tenues, décida de prendre les choses en main. Continue reading

Amies un jour, Amies toujours?

(Amy et Jenny sont deux amies d’enfance. Le cours de leur histoire change quand elles rencontrent le même homme sans le savoir. La première à s’en rendre compte est Jenny ; mais Amy préfère croire Ben (l’homme en question) plutôt que son amie… Lisez : « Il a fallu que je lui raconte au plus vite…» et « Le lui dire ou pas? (Suite) » – parus dans Le Nouvelliste, La page des lecteurs – pour mieux comprendre l’intrigue.)

Assise à une altitude de près de 57 mètres, je surplombe la ville et découvre, par les baies du 58 Tour Eiffel, les premières lumières de la vie nocturne parisienne. Je regarde les passants et imagine, pour chacun d’eux, une histoire. Je ne sais pas pourquoi mais je pense également à un roman dont je raffolais dans ma prime jeunesse: “Les six compagnons à la Tour Eiffel” – les péripéties de ce malheureux “Tondu” venu à Paris pour tenir compagnie à sa tante – …

C’est un tel plaisir de pouvoir replonger dans ces souvenirs; ils signifient un temps d’insouciance et d’innocence. Le temps où Amy et moi dévorions les livres… Ah la belle époque! Une époque qui s’en est allée et qui ne reviendra jamais. Trop d’eau avait coulé sous les ponts… Près de 15 mois depuis notre «rupture»… c’était moins douloureux maintenant mais c’était loin d’être oublié.

Au moment des faits, mêmes les parents, mis au courant, avaient tenté de la convaincre de ma bonne foi. Mais elle ne démordait pas : c’était moi la méchante de l’histoire. Elle devenait odieuse avec quiconque osait la mettre en garde contre son amoureux. Continue reading

Les confessions d’Agnès…

Je suis Agnès: épouse et mère de famille… C’est bizarre comment, au fil des années, j’en suis venue à résumer ma description qu’à ces deux rôles. A croire qu’avant, je n’étais qu’Agnès et qu’il m’a fallu attendre le mariage pour trouver un sens à ma vie… « Pathétique ! direz-vous »… Je n’en disconviens pas. Par contre, vous conviendrez avec moi que mon éducation ne m’a conditionné que pour ça. En effet, je suis issue d’une famille assez commune qui partageait la mentalité dominante de son époque : les garçons allaient à l’école jusqu’à la fin de leur cycle d’études ; les filles, elles, se rendaient jusqu’au brevet, pour les plus chanceuses. Continue reading

Puis-je?

         Il fut un temps où mes consoeurs (les femmes) n’avaient pas le droit de faire certaines choses…Bon, soyons francs ! elles n’avaient tout simplement aucun droit. Aux Etats-Unis, par exemple, pendant la première moitié du XIXe siècle, les femmes ne pouvaient pas voter, être élues, suivre des études supérieures ou avoir une profession. Si elles étaient mariées, elles ne pouvaient pas conclure de contrat, divorcer ou obtenir la garde de leurs enfants.

         Ces êtres, dont l’existence était (« est » encore dans certains pays) réduite à sa plus simple expression, ont voulu que les choses changent ; ils se sont battus et on pu effectivement améliorer la situation au fil du temps. Rappelons-nous les grandes luttes qu’ont dues mener les suffragettes en France vers les années 1908 pour obtenir le droit de vote ou le premier Congrès sur les droits de la femme à Seneca Falls (New York) en juillet 1848 ou,  plus près de nous, la marche du 21 janvier 2017 dans près de 400 villes américaines et 70 autres pays. Hier, et encore aujourd’hui, les femmes se mettent debout pour le changement qu’elles veulent dans le monde. Continue reading